Gare de Saint-Jérôme

 

Architecture

La gare de Saint-Jérôme, citée monument historique, est une installation d'accueil construite en 1897. L'édifice en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à croupes percé de longues lucarnes rampantes. Ses murs sont protégés par de larges avant-toits supportés par des consoles. Une saillie est adossée à l'un des longs pans. La gare est située en bordure du parc linéaire P'tit-Train-du-Nord, à proximité de la cathédrale et du presbytère, dans le secteur historique de la ville de Saint-Jérôme.


Histoire

La gare de Saint-Jérôme est le premier jalon du réseau ferroviaire des Laurentides. Elle fait figure de porte d'entrée de cette région surnommée « Pays-d'en-Haut ». Située au bord de la rivière du Nord, à une soixantaine de kilomètres de Montréal, Saint-Jérôme connaît dès 1860 une activité économique. Le curé Antoine Labelle (1833-1891) est un visionnaire et un ardent défenseur de la colonisation. Il joue un rôle majeur dans l'implantation du réseau ferroviaire et dans le développement industriel et économique de Saint-Jérôme. Inaugurée en 1876 par la Quebec, Montreal, Ottawa and Occidental (QMOO), la ligne Montréal-Saint-Jérôme assure l'approvisionnement des colons et l'acheminement du bois de chauffage vers la métropole. En 1882, la compagnie Canadien Pacifique (CP) achète le réseau et complète sur plusieurs décennies l'accès aux municipalités plus au nord. Elle dessert ainsi Sainte-Agathe, Saint-Jovite, Labelle, Nominingue, Mont-Tremblant, puis Mont-Laurier en 1909.


À Saint-Jérôme, une maison privée sert d'abord de gare avant la construction d'un bâtiment destiné à cette fin en 1877. En 1897, le CP remplace le bâtiment de 1877 par la gare actuelle, plus prestigieuse et imposante. De type urbain, cette dernière doit répondre à l'augmentation de la clientèle. Les plans du bâtiment, commandés spécifiquement pour l'érection de cette gare à un ingénieur du CP, s'inscrivent dans le courant de style richardsonien. Ce courant tire son origine des oeuvres d'Henry Hobson Richardson (1838-1886), qui influencent l'architecture publique et ferroviaire en Amérique du Nord. La gare de Saint-Jérôme est la seule de la région à être construite en maçonnerie et à posséder un aménagement intérieur spacieux doté d'un restaurant. La gare témoigne donc de l'intense activité qui règne au tournant du XXe siècle à Saint-Jérôme. La ville est alors en grande expansion et se transforme.


À partir des années 1920, le chemin de fer connaît un vif succès auprès des Montréalais. Durant l'hiver, ils sont des milliers à fréquenter les stations de ski alpin qui se développent au nord de la métropole. En été, ce sont les lacs et rivières qui retiennent leur attention.


L'expansion du réseau routier, dont l'autoroute 50 entreprise vers la fin des années 1950 et terminée dans les années 1970, entraîne le déclin du chemin de fer. En 1976, le CP met fin à ses activités de transport des passagers. À cause de la pression populaire, la compagnie, la Corporation de développement des Laurentides (CPL) et l'Association touristique des Laurentides (ATL) remettent en service le P'tit train du Nord. Elles offrent le service passager durant les fins de semaine. En 1981, le CP abandonne définitivement le réseau.


Un mouvement de sauvegarde et de conservation des gares voit le jour dans les Laurentides; un projet de réseau muséal est lancé en 1986. La Corporation des gares des Laurentides milite pour la conservation du patrimoine ferroviaire. Elle participe à la création du Parc linéaire du P'tit-Train-du-Nord, inauguré en 1996, ainsi qu'à l'organisation d'un réseau muséal des gares.


Rénovée en 1997, la gare de Saint-Jérôme constitue maintenant un pôle récréotouristique majeur pour la région. Administrée par la Ville, elle abrite une salle multifonctionnelle pouvant servir à différents événements. Durant la saison estivale, un bureau d'information touristique y est ouvert, et la Société d'histoire des Laurentides anime un kiosque.


La gare de Saint-Jérôme est citée monument historique en 2005.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec





La gare de St-Jérôme vers 1905 (carte postale par P.-F. Pinsonneault)