Gare de Sherbrooke (CN)

Architecture

La gare du CN (Canadien National) de Sherbrooke, citée monument historique, est une gare ferroviaire construite en 1890 et agrandie en 1907. L'édifice allongé en brique rouge, de plan rectangulaire, est coiffé d'un toit à croupe qui se prolonge en larges avant-toits supportés par des consoles. Un deuxième étage, émergeant de la partie centrale de l'édifice, est surmonté d'un toit à deux versants et est muni de deux pignons collatéraux. Une annexe, construite en 1907, est reliée au bâtiment principal par une structure vitrée. La gare du CN est érigée à proximité de la rivière Saint-François, dans l'ancien centre-ville de Sherbrooke, maintenant compris dans l'arrondissement municipal du Mont-Bellevue.


Histoire

En 1852, une première gare est construite à Sherbrooke. À l'instar des autres gares construites à l'époque, son architecture est inspirée des gares britanniques. Ces dernières sont érigées directement sur les voies; les trains passent donc à l'intérieur de la gare. La première gare de Sherbrooke est une longue construction en brique qui couvre deux voies et qui abrite des bureaux, des salles d'attente et des entrepôts de fret. Sur la voie ouest, les trains du Grand-Tronc entrent en gare pendant que, sur le côté est, le Passumpsic (plus tard le Boston & Maine) et le Quebec Central ont leurs voies.


En 1890, on remplace la première gare par la gare actuelle, plus vaste et plus fonctionnelle. À cette époque, la compagnie du Grand-Tronc construit quelques gares aux dimensions plus spacieuses en Ontario et au Québec. En Ontario, il s'agit des gares de Chatham (1882) et de Strathroy (1887). Deux grandes gares sont aussi construites au Québec : celle de Lévis (1889) et celle de Sherbrooke (1890). Les plans de la nouvelle gare de Sherbrooke sont dressés par l'ingénieur de la compagnie du Grand-Tronc, E. P. Hannaford (1834-1902). Comme toutes les gares construites par le Grand-Tronc entre 1880 et 1900, c'est avant tout un bâtiment fonctionnel, à l'architecture assez homogène, donc facilement reconnaissable. Si les gares du Grand-Tronc de cette époque ont une allure générale semblable, elles possèdent chacune des éléments distinctifs. Le modèle proposé par Hannaford est un long rectangle en brique, posé sur des fondations en pierre à peine visibles. L'édifice est coiffé d'un toit à croupe qui se prolonge par de larges avant-toits supportés par des consoles de bois. Un deuxième étage émerge dans la partie centrale de l'édifice. Cet étage est pourvu d'un toit à deux pentes et est percé de deux pignons. Tous les accès sont placés sur la façade, qui longe la voie ferrée.



En 1907, on agrandit la gare en construisant une annexe du côté sud. L'ajout s'harmonise parfaitement à la gare originale. L'annexe est liée à l'édifice principal par un passage cocher. Ce passage sert à abriter les chariots à bagages ainsi que les chariots de la poste contenant les sacs des postiers. Quant à l'annexe, on y trouve à l'époque les bureaux de la Boston & Maine Railroad et du Quebec Central.


En 1923, le Canadien National acquiert la compagnie du Grand-Tronc et devient propriétaire, par la même occasion, de la gare Union de Sherbrooke.


Dans les années 1960, le passage entre l'annexe et la gare est fermé par une structure vitrée. De 1976 à 1982, la gare est occupée par Via Rail, une division du Canadien National qui devient une Société d'État en 1978. En 1977, la partie nord de la gare est louée à la municipalité qui y aménage un bureau d'information touristique. Jusqu'en 1978, l'annexe sert à loger les cheminots en congé, puis l'espace est transformé en ateliers pour le Canadien National. À partir de 1994, la gare ne reçoit plus de passagers ni de marchandises.


La gare du CN de Sherbrooke est citée monument historique en 2000. Elle est également désignée gare ferroviaire patrimoniale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Depuis 2003, elle est propriété de Limocar, une compagnie de transport de passagers par autobus.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec