Gare de Saint-Anaclet

(Déménagée à Pointe-au-Père)

 

Description

L'ancienne gare de Saint-Anaclet, citée monument historique, est une gare ferroviaire érigée en 1882. L'édifice en bois, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un imposant toit à croupes se prolongeant au-delà des murs. Ses larges avant-toits sont supportés par des consoles. La façade principale est dotée d'un avant-corps surmonté d'un toit à croupes. La gare, qui a été déplacée, se situe aujourd'hui dans le district de Pointe-au-Père à Rimouski (1050 rue du Père-Nouvel).


Valeur patrimoniale

La valeur patrimoniale de l'ancienne gare de Saint-Anaclet repose sur son intérêt historique. La gare rend compte du projet de l'Intercolonial débuté dans les années 1840. Cette ligne de chemin de fer est construite afin de permettre l'établissement de meilleurs liens politiques et commerciaux entre les colonies britanniques en Amérique du Nord. Elle a pour objectif principal de relier les colonies maritimes à la Province du Canada (l'Ontario et le Québec actuels) et fait partie des conditions d'intégration du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse à la Confédération canadienne. Ce circuit ferroviaire desservant Rimouski et la vallée de la Matapédia représente un important débouché économique pour les produits locaux de la région du Bas-Saint-Laurent. Le chemin de fer de l'Intercolonial rejoint Rimouski en 1873 alors qu'un tronçon relie Rivière-du-Loup et Mont-Joli l'année suivante. L'ouverture officielle à la circulation des trains à partir de 1876 encourage le développement des villes et des villages le long du réseau. L'ancienne gare de Saint-Anaclet est également reliée à l'histoire des pèlerinages au Sanctuaire Sainte-Anne-de-la-Pointe-au-Père, dans la localité voisine. Ce lieu de culte est bénit en 1874 par Mgr Jean Langevin (1821-1892), premier évêque de Rimouski, qui y dépose une relique de sainte Anne. Vers 1881, le curé Majorique Bolduc (1842-1926), qui deviendra évêque par la suite, formule une demande aux deux gouvernements de l'époque pour qu'une gare soit construite afin de faciliter l'accès de la chapelle aux nombreux fidèles qui viennent de loin pour assister aux pèlerinages. La gare de Saint-Anaclet-de-Lessard est finalement construite en 1882. Elle encourage l'économie, la création d'emplois ainsi que le développement d'une agriculture spécialisée.

La valeur patrimoniale de l'ancienne gare de Saint-Anaclet repose en outre sur son intérêt architectural. Cette gare est représentative d'un modèle de gare construit dans les petites localités du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la vallée de la Matapédia au tournant du XXe siècle. La gare de Saint-Anaclet est caractéristique de ce modèle, notamment par son volume rectangulaire d'un étage coiffé d'un large toit à croupes et par ses avant-toits débordants supportés par des consoles en bois. La fenêtre en saillie est également une composante des gares édifiées par la compagnie de l'Intercolonial Railway. Il s'agit d'un élément architectural répandu dans les gares d'Amérique du Nord après 1880 qui permet à l'opérateur de surveiller à la fois la voie ferrée et l'environnement ambiant. C'est d'ailleurs dans cette structure qu'est installé le télégraphe. La gare de Saint-Anaclet est bien conservée et constitue un témoignage des gares de ce type érigées le long de l'Intercolonial à la fin du XIXe siècle.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec



La gare sur son lieu d’origine