Gare de Tring-Jonction

 

Architecture

La gare de Tring-Jonction, citée monument historique, est une gare ferroviaire construite en 1914. Ce bâtiment en blocs de ciment imitant la pierre, de plan rectangulaire à un étage, est coiffé d'un imposant toit à croupes se prolongeant au-delà des murs. Ses larges avant-toits sont supportés par des consoles. Ses deux façades principales sont dotées d'un avant-corps central à deux niveaux coiffé d'un toit à deux versants droits. Un abri constitué du prolongement du toit et supporté par deux piliers forme l'une des extrémités du bâtiment. La gare est située en bordure de la route, sur un vaste terrain dégagé, au coeur de la municipalité de Tring-Jonction.


Histoire


La gare de Tring-Jonction est issue du développement du réseau ferroviaire de la compagnie Quebec Central Railway (QCR). Celle-ci inaugure en 1881 la voie ferrée reliant Sherbrooke et Lévis. Elle traverse le canton de Thetford, où l'exploitation minière s'est amorcée depuis la découverte d'amiante en 1876.


À cette époque, deux gares sont construites par le QCR dans la municipalité de Saint-Frédéric (de laquelle se détache plus tard la municipalité de Tring-Jonction). Entre 1892 et 1894, une nouvelle voie ferrée est construite entre Tring-Jonction et Lac-Mégantic. C'est la richesse de la région en produits forestiers, et son exploitation facilitée par le chemin de fer, qui influence ce tracé au détriment de celui proposé dans la vallée de la rivière Chaudière.


Le nouvel embranchement de la voie ferrée est aménagé entre les deux gares existantes, dont l'une est transformée en entrepôt. Une nouvelle gare, la première station de Tring-Jonction, est alors construite à l'emplacement du nouvel embranchement dès 1894. Elle constitue le point de jonction entre Sherbrooke, Lac-Mégantic et Lévis. C'est le 24 septembre 1895 que la ligne entre Tring-Jonction et Lac-Mégantic est officiellement ouverte.


Dès 1913, le QCR loue sa ligne de chemin de fer à la compagnie Canadien Pacifique (CP). L'année suivante, soit en 1914, la gare actuelle est édifiée à Tring-Jonction. Située à l'emplacement de la précédente, elle est construite d'après un plan élaboré par le QCR qui comporte plusieurs similitudes avec les plans standards conçus à la même époque par le CP. Elle se caractérise, entre autres, par ses murs en blocs de ciment moulés. Ceux-ci renferment de l'amiante, une ressource locale utilisée pour ses propriétés ignifuges. Les gares d'East Angus (1914) et de Vallée-Jonction (1917) reprennent un modèle semblable à celui de Tring-Jonction.


La gare de Tring-Jonction est le lieu d'une intense activité en raison du transit des ressources minières et forestières, des marchandises et des passagers. Plusieurs édifices secondaires sont construits à proximité de la gare et forment un ensemble complet. Parmi eux se trouvent un entrepôt de marchandises, un hangar, deux réservoirs d'eau, une tour de charbon, une glacière, un enclos d'animaux, un atelier pour le nettoyage des locomotives et une résidence-dortoir. Par ailleurs, une agglomération se développe rapidement à proximité de la gare et le long des voies ferrées. Plusieurs habitants du village sont employés par la compagnie ferroviaire, alors que les autres sont attirés par le commerce. Jusque dans les premières décennies du XXe siècle, Tring-Jonction est rattaché au village de Saint-Frédéric. Il est officiellement constitué en municipalité en 1918.


La crise économique des années 1930, conjuguée à la concurrence du transport routier, marque le ralentissement du transport des marchandises par chemin de fer. Les activités de la gare de Tring-Jonction s'en trouvent considérablement affectées et, dans ce contexte, plusieurs structures ferroviaires situées à proximité disparaissent ou sont désaffectées.


En 1967, le QCR abandonne ses trains de passagers entre Sherbrooke et Québec. Il procède l'année suivante à la fermeture de 22 de ses gares, dont celle de Tring-Jonction. Puis, en 1972, le CP abandonne sa voie ferrée entre Tring-Jonction et Lac-Mégantic.


Au cours des années 1980, la Société du patrimoine des Beaucerons et le Musée Marius-Barbeau font des pressions auprès de la municipalité afin qu'elle entreprenne des démarches de conservation de la gare. Un comité de sauvegarde de la gare est mis sur pied en 1989. À la suite des démarches de ce comité, la gare de Tring-Jonction est désignée gare ferroviaire patrimoniale par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en 1991.


La gare de Tring-Jonction est citée monument historique en 2004.


La restauration de la gare ainsi que sa reconversion en bibliothèque municipale étaient prévues pour 2007. En date de juillet 2010 rien n’est commencé.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec